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Bonjour,
Je suis désolé de n’avoir pu venir vous répondre plus tôt. J’ai beaucoup de travail actuellement et je ne peux me permettre d‘être quotidiennement présent sur les forums. Surtout que le débat qui nous occupe ne peut être traité à la légère. Vous soulevez des questions sérieuses et je ne tiens pas à me dérober. Cependant votre vocabulaire, votre formation et donc vos protocoles, diffèrent des miens. Il paraît inévitable que, manquant d’un discours commun, d’un territoire à définir ensemble pour discuter, la conversation demeure sans issue. Je ne peux utiliser votre vocabulaire (terme à prendre au sens large) pour parler de mon livre et surtout de ma méthode. Si je le pouvais, cela signifierait que nous aurions fréquenté la même formation. Or nous savons que ce n’est pas le cas. Et si c’était le cas, mon livre n’aurait certainement pas existé.
Nous pouvons cependant nous rencontrer, en définissant progressivement les modalités d’une rencontre sur un territoire commun.
C’est d’un regard différent sur l’entraînement qu’est née ma méthode. Quinze années de travail ont été nécessaires à son élaboration. Vous ne me connaissez pas et vous m’offrez généreusement le bénéfice du doute quant mon honnêteté. C’est un pas décisif et rassurant. Je n’ai pas l’habitude de mentir et si vous preniez le temps de lire mes articles sur mon site et sur close-combat.org, vous comprendriez aisément que ma philosophie de la vie implique la rigueur. On a plutôt tendance à me reprocher mon extrême rigueur professionnelle que l’inverse. Je m’exprime sans aucune prétention car mon souci du détail m’a quelquefois causé des problèmes.
J’ai voulu créer une méthode efficace pour tous, à partir de constatations sur l’entraînement mais aussi sur l’enseignement.
Il y a deux aspects majeurs dans mon travail :
- comment utiliser efficacement des exercices sans matériel;
- comment construire une méthode.
Ma source d’influence majeure est la pensée constructiviste qui repose sur la cybernétique et la théorie des systèmes. Je me considère comme un philosophe constructiviste qui a poursuivi ses recherches en intégrant certaines conclusions issues de la neurobiologie.
Je n’ai cependant jamais cessé de me former en musculation, en intégrant les schémas classiques présentant le fonctionnement du corps humain, les limites fonctionnelles etc.
En ce qui concerne la formation, il me semble évident qu’il faut être formé pour enseigner, d‘une façon ou d’une autre. Mais force est de constater que si des charlatans sans formation mettent en péril la santé de personnes auxquelles ils ont promis la lune, il existe également des enseignants diplômés totalement incompétents. J’ai encore vu récemment à quelques mètres de l’entrée d’une grande salle lyonnaise des « enseignants » fumer leur cigarette. Leur physique attestait, autant que leur habitude d’inhalations nocives, de leur incapacité à enseigner vraiment. J’ai pensé en les voyant, fluets et drogués, que leur savoir allait rester seulement théorique. Je suis persuadé qu’il est impossible d’enseigner vraiment sur la base unique de la théorie. Le savoir est indispensable mais il n’est rien sans avoir été préalablement « incorporé » (Erich Fromm).
Je ne veux pas généraliser, vous l’avez compris. Ce qui m’importe, c’est de mettre en évidence la valeur incontestable de travaux réalisés, en faisant beaucoup de sacrifices, par des passionnés qui font « bouger » la machine universitaire. Le propre du savoir universitaire est d’atteindre rapidement à la fixité. Une fois codifié selon les paradigmes en vigueur, il ne peut évoluer que par l’injection ponctuelles de polémiques qui parfois, à défaut de renverser les paradigmes, élargissent le champ de la recherche qui en découle.
A ce sujet, je vous renvoie tout autant à Thomas Kuhn pour son travail fabuleux sur la structure des révolutions scientifiques, qu’à Michel Onfray qui a dépoussiéré la philosophie avec sa « contre-histoire ».
Je définis mon travail comme une construction en quatre temps :
- formation;
- inspiration;
- expérimentation;
- création.
Ces quatre temps forment une révolution permanente. L’inspiration est nécessaire : tous les philosophes diplômés (comme moi) ne créent pas des systèmes, exactement comme tous les enseignants « du corps sportif » ne font pas avancer nécessairement les pratiques.
Je peux réaliser 6 séries de 40 dips avec 25 secondes de repos entre chaque série (C’est un exemple que j’utilise souvent), sans aucun anabolisant. Je compte en faire la démonstration en temps utile. Il y a peut-être quelque chose à prendre dans ma méthode…
S'il faut attendre que mon travail soit validé par ceux qui utilisent les codes considérés comme étant les codes scientifiques de référence (ce que je comprends fort bien), et bien j'attendrai.
À bientôt,
Olivier.
ps : j'espère ne pas m'être fait mal comprendre. Sapiens nihil affirmat quod non probet. Je le sais.
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